about us      latest news      people      boards      law review      key texts   •   links      contact      home
Law Review logo
Law Review

Montesquieu Law Review: Issue 3; October 2015

Abstracts:
   

Administrative law
Will the grande muette soon be unionised? The pitfalls of opening military law up to freedom of association
Pascal Combeau, Professor of Public Law, University of Bordeaux

The military profession has undergone particular legal upheavals in recent months. A Law of 28 July 2013 has amended the French National Defence Code so as to allow members of the armed forces to join national military professional associations whilst maintained the incompatibility of military status with trade union law. This development imposed by a liberal conception of freedom of association on the part of the European Court of Human Rights unarguably renews the French approach to the relationship between the civil and military spheres. It nevertheless remains limited in that the freedom of association enjoyed by members of the armed forces remains very strictly framed, far removed from French trade union law. This new development thus illustrates the limits of recognising the new rights extended to the military and, in its own way, inaugurates an unprecedented configuration of the theory of legal cantonment.


Droit administratif
La « grande muette » bientôt syndiquée ? Les apories de l’ouverture du droit de la fonction militaire à la liberté syndicale
Pascal Combeau, Professeur de droit public, Université de Bordeaux

La fonction militaire a connu ces derniers mois des bouleversements juridiques notables. Une loi du 28 juillet 2015 a en effet modifié le code de la défense nationale pour permettre aux membres des armées d’adhérer à des associations professionnelles nationales de militaires tout en maintenant l’incompatibilité entre le statut des militaires et le droit syndical. Cette évolution imposée par une conception libérale de la liberté syndicale par la Cour européenne des droits de l’Homme renouvelle incontestablement l’approche française des rapports entre la sphère civile et la sphère militaire. Elle demeure toutefois limitée tant la liberté syndicale des militaires ainsi définie demeure très encadrée, loin des exigences du droit syndical français. Elle illustre ainsi les limites de la reconnaissance aux militaires de nouveaux droits et inaugure à sa manière une configuration inédite de la théorie du cantonnement juridique.

back
top
 

Commercial law
The fight against maritime piracy under French law
Gaël Piette, Professor of Private Law, University of Bordeaux

Maritime piracy, a practice that was once thought to be consigned to history, has experienced a sharp resurgence in recent years, particularly in South-East Asia and off the coast of Africa. French law had to respond. Nevertheless, the legal treatment of piracy under French domestic law is minimal. The definition of piracy is drawn from the 1982 UN Convention of the Laws of the Sea and appears to be overly restrictive. The repressive responses brought by French law are incomplete: one of the few innovations are the result of the Law of 1 July 2014, which permits French vessels to carry agents working for private protection companies, in order to respond – by force, if necessary – to pirate attacks. Lastly, commercial maritime law is ill-adapted as, in reality, traditional mechanisms are used to settle the financial consequences of piracy, and in particular the theory of the general average. Although ill-adapted, it is commercial maritime law that provides the most satisfactory solutions to the piracy problem.


Droit commercial
La lutte contre la piraterie maritime en droit français
Gaël Piette, Professeur de droit privé, Université de Bordeaux

La piraterie maritime, pratique que l’on pensait appartenir à l’histoire, connait une nette recrudescence depuis quelques années, notamment en Asie du Sud-Est et au large de l’Afrique. Le droit français a dû réagir. Pour autant, le traitement juridique de la piraterie en droit interne français a été fait a minima. La définition de la piraterie résulte de la Convention de Montego Bay de 1982, et apparaît trop restrictive. Les réponses répressives apportées par le droit français sont partielles: l’une des rares innovations résulte de la loi du 1er juillet 2014, qui a autorisé les navires français à embarquer des agents de sociétés de protection privée, afin de répondre, par la force si besoin est, aux attaques des pirates. Enfin, le droit commercial maritime est peu adapté, puisque ce sont en réalité les mécanismes classiques, en particulier la théorie des avaries communes, qui sont utilisés pour régler les conséquences financières de la piraterie. Bien que peu adapté, c’est pourtant le droit commercial maritime qui apporte les réponses les plus satisfaisantes à la problématique de la piraterie.

back
top
 

Civil and criminal procedure
A justice system for the twenty-first century ("J21"): the first steps in a sweeping reform
Aurélie Bergeaud-Wetterwald, Professor of Private Law and Criminal Sciences, ISCJ, University of Bordeaux

“A more efficient, more protective justice system that is closer to citizens” – that is the ambition of the Bill tabled by the French Government, at the urging of the Minister of Justice, with a view to shaping a justice system for the twenty-first century. The scale of the project is on a par with the institutional and organisational crisis that the French legal system is currently experiencing and the challenges that it must face in responding to social developments. Fuelled by a prior dialogue between players and observers in the justice system and pilot schemes implemented on a local level, the J21 reforms have taken shape in 2015. These are therefore the first steps in a major project the main purpose of which, as part of a trend to modernise and simplify judicial institutions, is to restore citizen confidence in their justice system.


Procédure civile et pénale
La justice du 21e siècle 5(J21) – les premières étapes d’une grande réforme
Aurélie Bergeaud-Wetterwald, Professeure de droit privé et de sciences criminelles, ISCJ, Université de Bordeaux

Une justice « plus proche, plus efficace et plus protectrice ». Telle est l’ambition du projet de réforme porté par le gouvernement français, sous l’impulsion de sa ministre de la justice, visant à façonner la justice du 21e siècle. L’ampleur du projet est à la mesure de la crise institutionnelle et organisationnelle que traverse notre système judiciaire et des défis qu’il doit relever pour répondre aux évolutions de la société. Nourrie par une large concertation préalable des acteurs et des observateurs de la justice et par des expérimentations mises en place au plan local, la réforme J21 prend corps en cette année 2015. Il s’agit donc là des premières étapes d’un grand chantier qui, dans un mouvement de modernisation et des simplification de l’institution judiciaire, a pour principal objectif de renforcer la confiance des citoyens français en leur justice.

back
top
 

Constitutional law
Case commentary: Decision n°2014-703 DC of 19 November 2014 – Organic Law implementing Article 68 of the Constitution
Florian Savonitto, Associate Professor, CERCCLE, University of Bordeaux

The Constitutional Council decision on the Organic Law implementing Article 68 of the Constitution was long-awaited. It was supposed to be the last piece in the puzzle that is the rules governing the President’s liability, the reform of which was essential following the jurisdictional and doctrinal controversy that emerged during Jacques Chirac’s seven-year term of office. Following the decision, expectation gave way to disappointment: the President of the Republic still cannot be removed from office by parliamentarians sitting as a High Court for “a breach of his duties patently incompatible with his continuing in office
”.


Droit constitutionnel
Commentaire de la décision n°2014-703 DC di 19 novembre 2014 – Loi organique portant application de l’article 68 de la Constitution
Florian Savonitto, Maître de conférences, CERCCLE, Université de Bordeaux

"La décision du Conseil constitutionnel sur la loi organique relative à l’article 68 de la Constitution était attendue. Elle était censée être la dernière pièce du puzzle du régime de responsabilité du Président de la République dont la réforme était exigée à la suite de la controverse née sous le septennat de Jacques Chirac. Or à l'issue de cette décision, l'attente a fait place à la déception : le Président de la République ne pourra toujours pas être destitué par les parlementaires réunies en Haute Cour pour "manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat".


back
top
 

Criminal law
"The limitation period does not run in the event of an insurmountable obstacle to the effective prosecutions": case note on Cass. plen., 7 November 2014: appeal n° 14-83.739
Yannick Capdepon, Associate Professor, University of Bordeaux

While in common-law systems, the limitation period for public prosecutions occupies only a marginal place, French criminal procedure offers it an essential role in terminating such prosecutions – at least in theory. If we examine the case law, we are forced to concede that the courts have redoubled their efforts and ingenuity in restricting the scope of limitation as far as possible. Between the pure and simple infringement of the law and its strict application, the decision handed down by the Court of Cassation sitting in plenary session on 7 November 2014 appears to have found middle ground through a renewed application of the technique of suspending the limitation period.


Droit pénal
« Le délai de prescription d’un crime ne court pas en cas d’obstacle insurmontable à l’exercice des poursuites » : note sous Cass. plén., 7 nov. 2014 : pourvoi n° 14-83.739
Yannick Capdepon, Maître de conférences, Université de Bordeaux

Alors que dans les systèmes juridiques anglo-saxons, le mécanisme de la prescription de l’action publique occupe une place marginale, la procédure pénale française lui offre, en théorie au moins, une fonction essentielle d’extinction de cette action. Mais si l’on observe la pratique jurisprudentielle, force est constater que le juge redouble d’effort et d’ingéniosité pour limiter autant que possible le jeu de la prescription. Entre la violation pure et simple de la loi et son application stricte, l’arrêt rendu par l’Assemblée plénière de la Cour de cassation le 7 novembre 2014 semble avoir trouvé un juste milieu par une application renouvelée de la technique de la suspension du délai de prescription.

back
top
 

Criminal law
Latest developments in the suppression and prevention of terrorism under French criminal law
Marion Lacaze, Associate Professor, University of Bordeaux

French criminal law has long made contained specific terrorism provisions. This can be seen in substantive criminal law, with increased repression of terrorist offences, and in criminal procedure, through the recourse to investigative measures that constitute derogations from general law. The Law of 13 November 2014is part of the continuum of previous reforms, again anticipating the threshold for the intervention of criminal law by creating an offence of individual terrorist enterprise. Furthermore, it adopts a strong symbolic position, by denying that moral support for terrorism may constitute a simple breach of freedom of expression and by adding the offence of “apologie du terrorisme” (apology for or justification of terrorism) to the Penal Code itself. However, while French criminal law aims to intervene as soon as a terrorist threat emerges, it finds itself competing with the development of administrative measures that pursue the same preventive aims, and by the extension of the legal provisions on surveillance. The line between prevention and repression is thus blurred and a great number of uncertainties emerge as to the co-ordination of administrative and criminal procedures.


Droit pénal
Actualités de la répression et de la prévention du terrorisme par le droit pénal français
Marion Lacaze, Maître de conférences, Université de Bordeaux

Le droit pénal français prévoit depuis longtemps des dispositions spécifiques à la matière terroriste. Cela s'observe en droit pénal de fond, avec une répression aggravée des infractions qualifiées de terroristes, comme en procédure pénale, par le recours à des moyens d’enquête dérogatoires du droit commun. La loi du 13 novembre 2014 s’inscrit dans la continuité des réformes précédentes en anticipant encore le seuil d’intervention du droit pénal par la création d’une infraction d’entreprise terroriste individuelle. Elle adopte par ailleurs un positionnement symbolique fort, en niant que le soutien moral au terrorisme puisse constituer un simple abus de la liberté d’expression et en ramenant l’infraction d’apologie du terrorisme dans le Code pénal lui-même. Mais si le droit pénal entend intervenir dès l’apparition d’un risque terroriste, il se trouve concurrencé par le développement de mesures administratives poursuivant le même objectif préventif et par l’extension des moyens légaux de renseignement. La frontière entre prévention et répression se trouble alors et de nombreuses incertitudes apparaissent quant à l’articulation des procédures administrative et pénale.

back
top
 

European law (ECHR)
The European Court of Human Rights and the French ban on the concealment of a person’s face in public
Sarah Teweilet & Professor David Szymczak, University of Bordeaux

Faced with the highly complex subject of the multi-faceted relations between the State and religions, the European Court of Human Rights granted a true “patent” of compliance with the Convention to French legislation “prohibiting the concealment of the face in the public space” in its decision in SAS v France. In light of the legal ban, the Strasbourg court based its decision on a value newly attached to the “protection of the rights and freedoms of others”: “living together” (“le vivre ensemble”). The Court substituted the new concept (which forms a basis for the restriction on freedom of religion that is impressionistic to say the least) for the polysemous concept of secularism, because the general ban on the concealment of the face in the French public space goes beyond the scope of the latter. Furthermore, in focusing on the jurisprudential logic resulting from the decision in Leyla Sahin v Turkey, the Court also tangibly curtailed its examination of the need for the general ban in a “democratic society”.


Droit européen (CEDH)
La Cour européenne des droits de l’Homme face à la loi française sur l’interdiction de la dissimulation du visage dans l’espace public
Sarah Teweilet & Pr. David Szymczak, Université de Bordeaux

Confrontée au sujet, éminemment complexe, des rapports protéiformes entre l’Etat et les religions, la Cour européenne des droits de l’Homme a accordé un véritable brevet de conventionalité à la loi française « interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public » à l’occasion de l’arrêt S.A.S. c/ France. Au regard de l’interdiction législative, les juges de Strasbourg se sont alors fondés sur une valeur nouvellement rattachée à la « protection des droits et libertés d’autrui » : le « vivre ensemble ». La Cour substitue cette nouvelle notion, fondement pour le moins impressionniste aux restrictions à la liberté de religion, à la notion polysémique de laïcité, car l’interdiction générale de la dissimulation du visage dans l’espace public français dépasse le cadre de cette dernière. Se ralliant, par ailleurs, à la logique jurisprudentielle découlant de l’arrêt Leyla Sahin c/ Turquie, la Cour s’est, en outre, restreint à un contrôle sommaire de la nécessité de l’interdiction générale dans une « société démocratique ».


back
top
 

European law (EU)
The new legal framework of passenger transport on demand
Sébastien Martin, Associate Professor, CRDEI, University of Bordeaux

On 28 May 2015 the European Commission announced that it had asked France for more information on Law No. 2014-1104 of 1 October 2014 relating to taxis and chauffeur-driven transport, further to a complaint filed by the company Uber. This Law, which aims to rebalance the conditions of exercise for taxis and private passenger cars with driver, did not bring an end to the heightened tensions between the two sides, owing to the many demonstrations organised by taxi unions during the first half of 2015. This paper seeks to examine the developments wrought by the 2014 Law and discusses the many issues and legal questions that it raises.

Droit européen (UE)
Le nouveau cadre juridique du transport de passager à la demande
Sébastien Martin, Maître de conférences en droit public, CRDEI, Université de Bordeaux

Le 28 mai 2015, la Commission européenne a annoncé avoir demandé à la France plus d'informations sur la loi n° 2014-1104 du 1er octobre 2014 relative aux taxis et aux voitures de transport avec chauffeur, suite à la plainte déposée par la société Uber. Cette loi, dont l’objectif est de rééquilibrer les conditions d'exercice des taxis et des voitures de tourisme avec chauffeur, n’a pas mis fin aux tensions exacerbées existant entre les deux parties tant les manifestations organisées par les syndicats de taxis ont été nombreuses durant le premier semestre 2015. Cet article présente une analyse de ces actualités ainsi qu’une discussion des enjeux et des questions juridique que la loi soulève.

back
top
 

Law of obligations
Towards an important reform of the French Civil Code
Bénédicte Fauvarque-Cosson, Professor of Private Law, University Panthéon-Assas (Paris II)

The reform of the law of obligations (contract, tort, quasi-contracts and evidence) has been announced and postponed several times. After more than10 years of intense debate, it is about to become a reality – or at least part of it. The tort law reform is not yet included in this reform.

The reform is an extraordinary event: Title III of Book III of the French Civil Code, “Des contrats ou des obligations conventionnelles en général”, has remained practically unaltered since 1804.
This paper presents the genesis of the reform which is to take place by way of ordonnance, a controversial issue in itself. It explains the main changes and major political orientations in the field of contract law. It highlights some important provisions and provides explanations for the changes made. In particular, it shows how much inspiration was drawn from French case law and foreign national laws, as well as from European or international recent models which circulate all over the world in the form of “Principles’. An important wave of codifications and recodifications of the law of obligations has taken place in the world. In many respects, there is a significant degree of convergence; in others, however, the French provisions contain unique and interesting new solutions.

back
top
 

Legal history
Some remarks on judicial reform: between the slings and arrows of history
Sophie Delbrel, Associate Professor, University of Bordeaux

Between reformation and revolution, the concept of reform as applied to the justice system has experienced vicissitudes from the Ancien Régime to the Fifth Republic. In this respect, the longevity of France’s Napoleonic institutions tended to obscure aspirations to reform, which nevertheless became increasingly palpable from the Third Republic onwards. The subject of said aspirations were, properly speaking, jurisdictional aspects, particularly through the issue of the judicial map. However, questions concerning the judiciary, its recruitment and status proved to be no less significant. In reality, the reform of the justice system raised the major issue of the organisation of powers within the State. The establishment of the Republic undoubtedly involved the full recognition of t
he role of judges, a difficulty that political power had to overcome. The obstacle appeared all the greater in that the reform of the justice system was not one of the more popular topics. It therefore took the advent of the Fifth Republic and the specific conjunction of its birth for true reform to come about - reform that would, at least for a time, be on a par with political and social aspirations.


Histoire du droit
Remarques sur la réforme de la justice, entre vents et marées de l’histoire
Sophie Delbrel, Maître de conférences HDR en histoire du droit, Université de Bordeaux

Entre réformation et révolution, la notion de réforme appliquée à la justice connaît des vicissitudes de l’Ancien Régime à la Ve République. A cet égard, la longévité des institutions napoléoniennes tend à occulter les aspirations à la réforme, pourtant de plus en plus sensibles à partir de la IIIe République. Celles-ci ont pour objet des aspects juridictionnels à proprement parler, notamment à travers la question de la carte judiciaire. Cependant, non moins importantes se révèlent les questions relatives à la magistrature, à son recrutement et à son statut. En réalité, la réforme de la justice soulève le problème majeur de l’organisation des pouvoirs dans l’Etat. Sans doute l’installation de la République implique-t-elle la pleine reconnaissance du rôle du juge, difficulté dont le pouvoir politique doit triompher. L’obstacle apparaît d’autant plus grand, au demeurant, que la réforme de la justice ne participe pas des sujets les plus populaires. Aussi faut-il attendre la Ve République et la conjoncture particulière de sa naissance pour qu’une véritable réforme soit conduite, propre à répondre, du moins pour un certain temps, aux aspirations politiques et sociales.

back
top
 

Legal philosophy
The "mouthpiece of the law"? The various figures of the judge in The Spirit of Laws
Céline Spector, Professor of Philosophy, Université Bordeaux Montaigne

According to Montesquieu, judges must be "the mouthpiece of the law”. The phrase hit the nail on the head. But what exactly should it be taken to mean? Is The Spirit of Laws really defending a strict form of legal centrism, associated with his famous theory of the distribution of powers? Does he consider the judge’s power to interpret the law as a source of arbitrariness and of abuses of power? The aim of the paper is to show that the role of the judge varies, according to Montesquieu, depending on the forms of government, and despotism serves as a foil in identifying the various forms of the power to judge that are not fatal to freedom. The reflection on the attribution and limitation of the power to judge, together with the modalities of judging, cannot be separated from a critique of absolutism. The Spirits of Laws puts forward a reflection on the conditions for political freedom, to which the analysis of the power to judge remains subordinate.


Philosophie du droit
La « bouche de la loi » ? Figures du juge dans L’Esprit des lois
Céline Spector, Professeure au département de Philosophie de l'Université Bordeaux Montaigne

Selon Montesquieu, le juge doit être la simple « bouche de la loi ». La formule a fait mouche. Mais comment l’entendre au juste ? L’Esprit des lois défend-il réellement une forme stricte de légicentrisme, associée à sa célèbre théorie de la distribution des pouvoirs ? Considère-t-il le pouvoir d’interprétation du juge comme une source d’arbitraire et d’abus de pouvoir ? Cet article entend montrer que le rôle du juge varie, chez Montesquieu, en fonction des formes de gouvernement, et le despotisme sert de repoussoir afin d’identifier les formes non liberticides du pouvoir de juger. La réflexion sur l’attribution et la limitation du pouvoir de juger (I) ainsi que sur les modalités du jugement (II) ne peut être séparée de la critique de l’absolutisme (III). L’Esprit des lois propose une réflexion sur les conditions de la liberté politique, à laquelle l’analyse du pouvoir de juger demeure subordonnée.

back
top
 

Private international law
Same-sex marriage in France and its international repercussions
Gaëtan Escudey & Professor Sandrine Sana Chaille de Néré, University of Bordeaux

Opening marriage up to same-sex couples in France, with the Law of 17 May 2013, was an opportunity to amend the conflict rules applicable to the latter under French private international law. The issue of the links between French law and bilateral agreements on personal status was this brought before the Court of Cassation. In its decision of 28 January 2015, the Court considered that same-sex marriage was part of French international public policy, thus excluding the application of prohibitive foreign laws, even where their application was provided under an international agreement. It is therefore a matter of examining the international repercussions of current regulations, particularly in light of the creation of bad marriages and the marital tourism that it induces, before suggesting a number of avenues to be explored for the improved co-ordination of national legal systems in this area.


Droit international privé
L’ouverture française du mariage aux couples de même sexe et ses répercussions internationales
Gaëtan Escudey & Pr. Sandrine Sana Chaille de Néré, Université de Bordeaux

L’ouverture française du mariage aux couples de même sexe par la loi du 17 mai 2013 a été l’occasion de modifier les règles de conflit applicables à ces derniers en droit international privé français. La question de l’articulation entre la loi française et les conventions bilatérales en matière de statut personnel s’est alors posée à la Cour de cassation. Dans son arrêt du 28 janvier 2015, celle-ci a estimé que l’ouverture du mariage aux couples de même sexe fait désormais partie de l’ordre public international français, évinçant ainsi l’application des lois étrangères prohibitives, même lorsque leur application est prévue par une convention internationale. Il s’agit alors d’analyser les répercussions internationales de la réglementation en vigueur, notamment au regard de la création de rapports boiteux et du tourisme matrimonial qu’elle induit, avant de proposer quelques pistes de réflexion pour une meilleure coordination des ordres juridiques nationaux en la matière.

back
top
 

Social law
The minimum wage: a national tool in the fight against social dumping?
Jérôme Porta, Professor of Law, COMPTRASEC, University of Bordeaux

In the context of the economic crisis in Europe, wages have become a key issue on the European political agenda. The fixing of minimum wages is considered as one of the tools to be considered in the search for solutions to the economic imbalances and problems, both at a European and a national level. In the face of social dumping situations and the absence of international or European systems, there is a very real temptation to (re)turn to national legislation in order to set limits on the introduction of competition in social legislation. The obligation to respect a minimum wage within national territory might then seem to be the one key to combating social dumping.

However, the possibility of providing a national solution to these transnational imbalances is severely restricted by legal protection for the market. Indeed, the use of national law in combating social dumping does not escape the severities of economic freedoms of movement. The memory of the Laval and Rüffert decisions still burns bright. Two recent judgments handed down by the European Court of Justice discussed in this paper shed light on the margin of appreciation left to national legislatures in the fight against social dumping.

One particular lesson emerges quite clearly: the control over national anti-dumping laws can vary wildly in its nature depending on whether it follows the harmonised framework derived from Directive 96/71.


Droit social
Le salaire minimum, un instrument national pour lutter contre le dumping social ?
Jérôme Porta, Professeur de droit, COMPTRASEC, Université de Bordeaux

Dans le contexte de la crise économique en Europe, les salaires sont devenus une question clé sur l'agenda politique européen. La fixation des salaires minima est considérée comme un des instruments à prendre en compte dans la recherche de solutions aux déséquilibres économiques et aux problèmes économiques aussi bien au niveau européen que national. Face aux situations de dumping social et confrontée à l'insuffisance des dispositifs internationaux ou européens, la tentation est réelle de se (re)tourner vers la législation nationale pour poser des limites à la mise en concurrence des législations sociales. L'obligation de respecter un salaire minimal sur le territoire nationale pourrait alors sembler être l'une des clés de la lutte contre le dumping social.

Toutefois, la possibilité d'apporter une solution nationale à ces déséquilibres transnationaux est fortement contrainte par la protection juridique du marché. En effet, l'utilisation du droit national à des fins de lutte contre le dumping n'échappe pas aux rigueurs des libertés économiques de circulation. La mémoire des arrêts Laval et Rüffert est là encore vive. Deux récents arrêts de la Cour de justice ici rapportés éclairent les marges d'appréciation laissés aux législateurs nationaux dans la lutte contre le dumping social.

Un enseignement en ressort clairement, le contrôle exercé sur le droit national anti-dumping diffère fortement dans sa nature selon qu'il suive ou non le cadre harmonisé issu de la directive 96/71.

back
top
 

Political science
Of body (mis)perception in technical societies: some comments on two amendments to French health law
Patrick Troude-Chastenet, Professor of Political Science, Centre Montesquieu de Recherches Politiques, University de Bordeaux

Beyond the recent adoption in France of so-called “anti-anorexia” amendments, there is the more fundamental issue of the two contradictory rationales that have come into conflict within our modern societies.

While consumerist capitalism churns out individuals who are overweight, the technical system strives to make them lose weight, to the tune of an advertising jingle "
Fitness, not fat!”. More specifically, the propagandist discourse reiterated by its main beneficiaries and internalized by its main victims, also strives to impose the single ideal of the slim therefore efficient body: a body of machine-like perfection, styled and refined by advertising, the omnipresence of which must not disguise its nature, which is more conformist than it is creative. In reality, it is society as a whole that expresses itself through models – in this instance, 'Super Models' – that it has chosen for itself. It is therefore society as a whole that has chosen to make being overweight the stigma of social inefficiency. The modern individual therefore finds himself subject to contradictory injunctions: while market capitalism invites the wealthy and privileged to enjoy the pleasures of good food whilst condemning the less fortunate to an industrial diet that is high in fat, sugar and salt, technical societies instill (ascetic) ethics and (puritanical) aesthetics in relation to fitness, based on the balance of a seductive and efficient body.

These trends ought, however, to be analysed as two sides of the same coin but also as two antithetical rationales that render the condition of the modern individual even more untenable.


Science politique
De la (dé)formation des corps dans les sociétés techniciennes : quelques réflexions autour de deux amendements à la loi de santé
Patrick Troude-Chastenet, Professeur de science politique, Centre Montesquieu de Recherches Politiques, Université de Bordeaux

Au-delà de l’adoption récente en France d’amendements dits anti-anorexie, se pose une question plus fondamentale concernant les deux logiques contradictoires qui s’affrontent au sein de nos sociétés contemporaines.

Tandis que le capitalisme consumériste fabrique à la chaine des individus en surpoids, le système technicien s’ingénie à les faire maigrir sur l’air publicitaire La forme, pas les formes ! Plus exactement, le discours propagandiste relayé par ses principaux bénéficiaires et intériorisé par ses principales victimes, s’ingénie à imposer à tous le modèle unique du corps mince donc efficace. Un corps à la perfection toute machinique, stylisé et sublimé par une publicité dont l’omniprésence ne doit pas cacher sa nature plus conformiste que créatrice. Car c’est en réalité la société tout entière qui s’exprime à travers les modèles, en l’occurrence des Top Models, qu’elle s’est choisie. C’est donc la société tout entière qui choisit de faire du surpoids le stigmate de l’inefficacité sociale. L’individu moderne se trouve ainsi soumis à des injonctions contradictoires : alors que le capitalisme marchand invite les plus privilégiés à s’adonner aux plaisirs de la bonne chère tout en condamnant les moins fortunés à une alimentation industrielle riche en graisses, sucre et sel, la société technicienne inculque à tous ses membres une éthique (ascétique) et une esthétique (puritaine) de la forme, fondée sur l’équilibre du corps séduisant et performant.

Ces deux tendances sont pourtant à analyser comme l’envers et l’endroit de la même médaille mais aussi comme deux logiques antithétiques qui rendent encore plus intenable la condition de l’individu moderne.

back
top
 
   
All rights reserved © Montesquieu Law Review 2014-2015