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Law Review

Montesquieu Law Review: Issue 4; March 2016

Abstracts:
   

Administrative law
Damage arising from anxiety, as enshrined by the Conseil d'Etat in 2015 : A leap forward in the footsteps of the ordinary courts
Professor Aude Rouyère, CERDARE, University of Bordeaux

Under French law, uncertainty has been given a place that gave no clue as to the Cartesian nature of the reasoning behind it. A matter of law, it is also a matter of rights, including the right to compensation for the damage it can cause.
This is has led to the emergence of recognition under positive law of damage arising from anxiety, or even anxiety born out of uncertainty, which is linked solely to the existence of a risk, regardless of its realisation.


Droit administratif
Le préjudice d’inquiétude consacré par le Conseil d’Etat en 2015 : Une avancée dans les pas du juge judiciaire
Aude Rouyère, Professeur à l’Université de Bordeaux

L’incertitude a acquis en droit français une place que ne laissait pas présager le caractère très cartésien des raisonnements qui le structurent. Matière du droit, elle est aussi matière à droits, dont celui d’obtenir réparation du préjudice qu’elle peut engendrer.

C’est ainsi que se développe la reconnaissance en droit positif d’un préjudice d’inquiétude ou encore d’anxiété né de l’incertitude qui est associée à la seule existence d’un risque, indépendamment de sa réalisation.

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Criminal law
Counsel’s right to criticise outside the courtroom
Charlotte Claverie-Rousset, Professor of Private Law and Criminal Sciences, University of Bordeaux (ISCJ)

As citizens, lawyers are entitled to freedom of expression; as officers of the courts, they are under a duty to contribute to the proper operation of the judicial system, which they can do by giving their opinions and informing the public on the workings of justice, particularly by criticising certain judicial decisions or even certain magistrates and judges. However, depending on whether those views are expressed within or outside a courtroom setting, the contours of the right to criticise are not the same. Outside the courtroom or submissions to the court, counsel's freedom of speech is more restricted. If they voice overly virulent criticisms of a judgment, or make overly personal and malicious comments with regard to a magistrate, they run the risk of criminal prosecution and disciplinary proceedings. Nevertheless, these restrictions on counsel's right to criticise are acceptable, and even necessary to safeguard the smooth administration of justice, the balance between the two imperatives being subject to strict review on the part of the Court of Cassation and the European Court of Human Rights.



Droit Pénal
« Le droit de critique de l’avocat en dehors du prétoire »
Charlotte Claverie-Rousset, Professeur de droit privé et sciences criminelles, ISCJ, Université de Bordeaux

En tant que citoyen, l’avocat jouit de la liberté d’expression, et en tant qu’auxiliaire de justice, il a le devoir de contribuer au bon fonctionnement du système judiciaire, ce qu’il peut faire en donnant son avis et en informant le public sur les rouages de la justice, notamment en formulant des critiques sur certaines décisions de justice ou certains magistrats. Toutefois, selon qu’il s’exprime dans le cadre du prétoire ou en dehors, les contours de ce droit ne sont pas les mêmes. Ainsi, en dehors de la salle d’audience ou des conclusions versées au dossier, sa liberté de parole est plus limitée. S’il formule des critiques trop virulentes contre un jugement ou trop personnelles et malveillantes à l’encontre d’un magistrat, il encourt des poursuites disciplinaires et pénales. Pour autant, ces restrictions au droit de critique de l’avocat sont admissibles, et même nécessaires à la préservation de la sérénité de la justice, l’équilibre entre ces deux impératifs faisant l’objet d’un étroit contrôle de la part de la Cour de cassation et de la Cour européenne des droits de l’homme.

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Criminal law
The distinction between administrative police and judicial police in light of the recent Law on Intelligence
Thomas Herran, Associate Professor, University of Bordeaux

The adoption of the Law of 24 July 2015 on Intelligence is part of a broader questioning of the traditional distinction in French law between administrative and judicial police. Although its usefulness has been reaffirmed, the distinction is impacted in terms of the criteria applicable, as the decisive criterion is no longer equal to the task of establishing a boundary between the two categories. No other criterion serves in determining the dividing line between the two types of police. Ultimately, the alignment of the distinction may only be brought about through the restructuring of French positive law.



Droit Pénal
La distinction entre police administrative et police judiciaire à l’aune de la loi relative au renseignement
Thomas Herran, Maître de conférences à l’Université de Bordeaux

L’adoption de la loi relative au renseignement du 24 juillet 2015 participe à la remise en cause de la distinction traditionnelle en droit français entre la police administrative et la police judiciaire. Bien que réaffirmée dans son utilité, la distinction est affectée dans son critère car le critère finaliste n’est plus en mesure de dessiner la frontière entre les deux catégories. Or, aucun autre critère ne permet d’identifier la ligne de partage entre les deux types de police. Finalement, la mise en cohérence de la distinction ne pourra se faire que par le biais d’une reconstruction du droit positif.

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Europeanl law (ECHR)
The methodological difficulties faced by the ECtHR on the issue of the “boundaries” of life
Marion Chabassier, University of Limoges and Prof. David Scymczak, University of Bordeaux

In its judgment of 5 June 2015, the Grand Chamber of the European Court of Human Rights ruled that the decision to withdraw treatment was compatible with Article 2 ECHR. It is part of the ongoing debate surrounding the "boundaries" of life, viewed through the prism of the withdrawal of treatment from a patient who is not, stricto sensu, at the end of life but is in no condition clearly to express his wishes. The judgment is striking in terms of the use made by the Court of the methodological tools available. As the case raises particularly sensitive social issues, the Grand Chamber resorted, somewhat unsurprisingly, to the national margin of appreciation. This methodological tool allows it to justify its limited review of France's compliance with her positive obligation to protect life. However, the weakness of the Court's justification relativises the scope of its decision. Hiding behind the lack of consensus between States, the ECtHR dodges the substantive issues raised primarily by conferring competence to national authorities, and make no provision for principles likely to establish a framework for end-of-life situations that is compatible with the Convention.


Droit Européen (CEDH)
La mise en difficulté méthodologique de la Cour EDH sur la question des frontières de la vie
Marion Chabassier, université de Limoges, et Pr. David Szymczak, université de Bordeaux

Par son arrêt du 5 juin 2015 la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’Homme a jugé la décision d’arrêter les traitements compatible avec l’article 2 de la Convention EDH. Elle s’inscrit dans le débat sur les frontières de la vie, au prisme de l’arrêt des traitements du patient qui n’est pas stricto sensu en fin de vie mais hors d’état de manifester clairement sa volonté. L’arrêt interpelle du point de vue de l’utilisation faite par la Cour de ses outils méthodologiques. L’affaire soulevant des questions sociétales particulièrement sensibles, la Grande Chambre recourt, sans surprise, à la technique de la marge nationale d’appréciation. Cet outil méthodologique lui permet de justifier l’exercice d’un contrôle restreint du respect, par l’Etat français, de son obligation positive de protéger la vie. Mais, la fragilité de la justification vient relativiser la portée de son arrêt. Se retranchant notamment derrière l’absence de consensus entre Etats, la Cour esquive les questions de fond en donnant prioritairement compétence aux autorités nationales, et ne prévoit pas de principes susceptibles d’encadrer les situations de fin de vie dans le respect de la Convention

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European law (EU)
Regulation (EU) 2015/848 of 20 May 2015 on insolvency proceedings
Cécile Lisanti, Associate Professor, University of Montpellier

Regulation (EU) 2015 /848 of 20 May 2015 on insolvency proceedings marks a new phase in the construction of European bankruptcy law. It performs a substantial recast of Regulation 1316/2000 of 29 May 2000. One of the most notable contributions is the extension of its scope, which now includes preventive proceedings which do not provide for divestment of the debtor. The new Regulation also attempts to compensate for the shortcomings of Regulation 1316/2000, primarily through a definition of the centre of main interests, the link between main and secondary proceedings, the taking into account of groups of companies or even the reinforcement of the provision of information for creditors. This paper seeks to present the adaptations and innovations resulting from the new Regulation, the majority of which will come into force on 26 June 2017.


Droit européen (UE)
Le Règlement (UE) n°2015/848 du 20 mai 2015 relatif aux procédures d’insolvabilité
Cécile Lisanti, Maître de conférences à l’université de Montpellier

Le Règlement (UE) n°2015/848 du 20 mai 2015 relatif aux procédures d’insolvabilité marque une nouvelle étape dans la construction du droit européen de la faillite. Il réalise en effet une la refonte substantielle du Règlement n°1316/2000 du 29 mai 2000. L’un des apports notables est l’extension de son champ d’application qui y inclut désormais les procédures préventives qui n’emportent pas de dessaisissement du débiteur. Ce Règlement tente par ailleurs de pallier les insuffisances du Règlement 1346/2000, principalement par la précision de la notion de centre d’intérêts principaux, de l’articulation entre procédures principales et secondaires, de la prise en compte des groupes de sociétés ou encore du renforcement de l’information des créanciers. La présente étude tend à présenter à la fois les adaptations comme les innovations résultant du nouveau Règlement, dont la plupart des dispositions entreront en vigueur à compter du 26 juin 2017.

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Legal history
Au Bonheur des Dames: the harshness and ambiguities of female work as seen by Zola
Sophie Delbrel, Associate Professor, University of Bordeaux

Published in 1883, Au Bonheur des Dames, differs from the other tomes in the Rougon-Macquart saga by its profoundly cheerful tone. Zola wished to "express the century, a century of action and conquest, of progress in every sense". Thus he focused on the irresistible rise of the great Parisian department stores, fascinated as he was by these new forms of activity. The master of naturalism formulates a hypothesis according to which social progress will result from work intelligently done – even women’s work. Au Bonheur des Dames shines a light on employees at work, like bees in a hive, whatever their gender. Zola also endows women with the same faculties as men in the performance of their professional tasks. The naturalist approach calls for references to social Darwinism, which does not prevent the novelist from turning sociologist. The big department store, where the novel’s entire plot unfolds, emerges as a singular place, existing for and through women. It is also very revealing in social terms, serving as a kind of showcase for society as a whole.


Histoire du droit
Au Bonheur des Dames : la dureté et les ambiguïtés du travail féminin vues par Zola
Sophie Delbrel, MCF HDR Histoire du droit Université de Bordeaux

Publié en 1883, Au Bonheur des Dames, par sa tonalité profondément gaie, diffère des autres tomes de la saga des Rougon-Macquart. Zola souhaite y « exprimer le siècle, qui est un siècle d’action et de conquête, d’efforts dans tous les sens ». Aussi se penche-t-il sur l’irrésistible ascension des grands magasins parisiens, non sans fascination pour ces nouvelles formes d’activité. Le maître du naturalisme formule l’hypothèse selon laquelle le progrès social résultera du travail intelligemment accompli, fût-il féminin. Au Bonheur des Dames met ainsi en lumière, à l’image d’abeilles dans une ruche, les employés au travail, ce, quel que soit leur sexe. Zola, du reste, accorde aux femmes les mêmes qualités que les hommes dans l’accomplissement des tâches professionnelles. La démarche naturaliste appelle ici des références au darwinisme social, ce qui n’empêche pas le romancier se comporter aussi en sociologue. Le grand magasin, lieu où se noue toute l’intrigue du roman, apparaît comme un lieu singulier, existant pour et par les femmes. Vitrine de la société, il fait aussi figure de révélateur social.

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Legal theory
Applying the law in a global context: the issue of applied global legal pluralism
Prof. Jean-Sylvestre Bergé, University Jean Moulin Lyon 3 - International, European and Comparative Law Research Centre (EDIEC) – European group of research (GDR CNRS ELSJ)
&
Prof. Geneviève Helleringer, Essec Business School Paris-Singapore and Fellow of the Institute of European and Comparative Law, Oxford University

The application of the law, in the variety of global legal situations, has its own dynamism. It cannot result from the mere application of a method or a legal solution at a given moment, in a predetermined space and on a predetermined level, by a duly identified actor. It must be grasped in one movement. In a single situation, several laws must sometimes be mobilised, alternatively, cumulatively, at the same time or at different moments, in one or several spaces or on one or several levels, by one or by multiple actors. This distinctive dynamic, which the lawyer must be conscious of when passing from one context – national, international or European – to another, has an influence over the law, its uses and, sometimes, its content. The present article is a general introduction to this approach.

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